Aller, petit billet politique.
Voici ce que j’avais commencé à écrire vendredi dernier et que je n’avais eu le temps de finir:
“Ce weekend c’est le premier tour des élections présidentielles ici en Colombie. Quelques surprises sont à mentionner. La première, je l’avais déjà évoqué il y a de cela quelques semaines, c’était l’impossibilité de réélection d’Uribe après que la cour suprême ait révélé les magouilles de ce dernier (achat de signatures pour la pétition, pression sur les juges…).
Cela dit la Colombie n’est pas pour autant sorti d’affaire. De fait son dauphin, un certain Juan Manuel Santos, dernier né d’une des familles les plus riches et les plus puissantes du pays (sur la dernière porté de la famille on peut dénombrer un ministre, le Juan Manuel en question, le vice prsident d’Uribe et le directeur du plus grand journal colombien, el tiempo). Du coup pour résumer le paraco (petit nom donné aux paramilitaires et aux parapoliticien) à laissé sa place à un des plus grands oligarques du pays, les deux défendant de toute façon les même idées.
Autre surprise, le deuxième dans les sondages : Mockus. Du parti vert (de vert il n’a que le nom, ça n’a rien à voir avec les partis verts écologistes européens) il a été d’abord recteur de l’université nacional où il s’est fait connaitre du public pour avoir montré ses fesses aux étudiants lors d’une manifestation, puis maire de Bogota où il a notamment parcouru la plus grande avenue de Bogota en vélo habillé en supercitoyen (le costume de superman arrangé). De 1,5% de voix aux dernières élections, il est aujourd’hui crédité de 30% d’intention de vote. Il représente un véritable espoir de changement pour beaucoup de colombiens même si pour moi il reste un candidat de droite (ultra libéral économiquement et conservateur sur beaucoup de sujet). Seul point positif, son éthique. Dans un pays pourri par la corruption et la parapolitique, un mathématicien philosophe habermasien qui place le droit au dessus de tout ne peut pas faire de mal.
Enfin le troisième, qui n’a pas de chance d’être élu, représente el polo democratico alternativo, le seul parti de gauche colombien. Ancien guérillero du M19 démobilisé dans les années 90, il a été élu le meilleur sénateur durant 5 années consécutives. Surement le plus intéressant le plus éthique, le plus démocrate, il est aussi la personne la plus menacé de mort cette année.”
Eh bien on a été nombreux à avoir eu bêtement des espérances pour la Colombie. Alors que les derniers sondages donnaient les deux premiers candidats, Santos et Mockus, à coude à coude, il s’avère que le premier a presque réussi à se faire élire dès le premier tour avec 47% de voix et que le deuxième s’est écroulé à 21%.
En résumé, le deuxième tour ne va être qu’une formalité, Santos va être réélu et la situation de la Colombie, si elle n’empire pas, n’est pas prête de s’arranger.
La gueule de bois est difficile pour beaucoup de jeunes, en particulier, qui espéraient sincèrement un changement.
Mais non,
les falsos positivos (jeunes sdf des quartiers populaires assassinés par les militaires et déguisés en guérilleros des FARC pour faire gonfler les statistique (ça ce chiffre en miliers!)) continuerons
les paramilitaires continuerons de mener leur belle vie au sein même de l’Etat
les droits de l’homme seront autant bafoués qu’aujourd’hui
les indigènes autant méprisés…
Un de mes colloc’ m’a ressorti ya pas longtemps une phrase fétiche des révolutionnaires latino américains dans les années 70: “vaincre ou Paris”… il a décider de partir pour l’Espagne l’an prochain.
Salut.